par Jean Paul Jacqué
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La surprise vient du fait que la Cour s’était exprimée à deux reprises sur la question avant l’ouverture des négociations, notamment en pré-négociant avec la Cour européennes des droits de l’homme, posant des conditions que les négociateurs avaient pris soin de respecteret qu’elle avait suivi avec attention le déroulement de la négociation. Elle vient aussi du fait que la Cour s’oppose aux vingt-huit Etats membres qui soutenaient unanimement le projet d’accord.
Il faut se garder de toute appréciation rapide qui conduirait à penser que la Cour exprime au fond dans cet avis un refus définitif de l’adhésion parce que celle-ci porterait atteinte à son pouvoir exclusif de statuer sur les droits fondamentaux dans l’Union européenne. Une décision judiciaire ne peut être analysée sur la base d’intentions politiques supposées du juge. Il convient avant tout d’examiner avec soin le raisonnement suivi et d’en apprécier les conséquences. En effet, on ne saurait reprocher à la Cour de vouloir préserver les spécificités de l’ordre juridique de l’Union, d’autant plus que le protocole n°8 relatif à l’article 6 l’invitait à suivre cette voie.
Le challenge présenté par l’adhésion n’est pas facile à remporter. La Convention européenne des droits de l’homme est à l’origine un traité interétatique auquel on se propose de faire adhérer une entité de nature fédérale qui n’est certes pas un Etat.
Aussi une système qui s’applique sans difficultés aux parties contractantes étatiques risque s’il est plaqué sans précautions sur l’Union européenne de dénaturer profondément celle-ci. Tout l’enjeu de la négociation consistait à traiter autant que possible l’Union comme un Etat en ce qui concernait les aspects institutionnels (nomination des juges, participation au Comité des Ministres … ) tout en identifiant les points sur lesquels des adaptations étaient indispensables. Il faut saluer l’effort des négociateurs qui ont identifié les problèmes et tenté de les résoudre, même si la Cour de justice estime que leur effort s’est arrêté en chemin et que le résultat est insuffisant. Mais l’ensemble des points évoqués par la Cour a été identifié et traité au cours des discussions. Continue reading “J.P. Jacqué : L’AVIS 2/13 CJUE. Non à l’adhésion à la Convention européenne des droits de l’homme ?”