OPINION (ORIGINAL PUBLISHED HERE)
par Simone GABORIAU
Présidente de chambre honoraire de la cour d’appel de Paris (Membre du Conseil d’administration de M.ED.E.L).
Apres les attentats des 7, 8, 9 janvier, les plus meurtriers qu’ait connus la France depuis plus de 50 ans (1), après la stupeur, l’émotion et l’union, le temps de la réflexion rationnelle s’impose. Il faut le faire en France et au sein de l’Europe des droits de l’homme mais aussi dans le contexte de l’environnement humanitaire mondial.
Les actes terroristes ne sont pas nouveaux dans l’histoire du monde
Contrairement a bien des idées reçues, le terrorisme n’est pas le fruit du malheur de notre temps mais appartient a une histoire ancienne.
« L’histoire mondial du terrorisme concerne la totalité du monde et ne fait pas de distinction entre continents, aires culturelles et religieuses (2) ».
Du terrorisme interne au terrorisme international, les origines en ont été multiples ; y ont été représentées : toutes les religions, divers courants de pensée, des mouvements irrédentistes, ou de résistance à l’oppression ou de conquête d’indépendance face au colonisateur… Certains groupements ont été héroïses d’autres diabolisés. Certains ont été vaincus par la force ou la répression, d’autres se sont finalement assis a des tables de négociations. Sans oublier de citer le « terrorisme d’Etat » dont l’origine est notamment à « la terreur » de la Révolution française, reprise par la Révolution russe et qui peut s’appliquer à bien des situations de terreur d’Etat qui ont sévi ou sévissent encore dans le monde.
Un terrorisme devenu global
Les attentats du 11 septembre 2001, ont révélé que l’on doit, de plus en plus, faire face à un terrorisme global, en ce qu’il emprunte les moyens de la globalisation technologique et financière pour relier des individus, ou groupes, terroristes, indépendamment de leur base territoriale.
Cette nouvelle dimension a facilité la montée en puissance du terrorisme se revendiquant du radicalisme islamique lequel, actuellement, serait responsable de la majorité du nombre de victimes (3).
Mais il faut se garder, d’interpréter cette situation comme une manifestation du « choc guerrier des civilisations » car ce serait tomber dans le piège tendu par ce terrorisme.
La reconnaissance d’une communauté mondiale de valeurs (4) ?
Ce caractère global a plus que jamais motive la volonté de coopération internationale. Apres l’échec de la SDN, l’ONU peine a l’établir de façon compatible avec la sauvegarde des droits fondamentaux comme l’illustre le système des « listes noires » finalement annulé par la Cour de justice des communautés européennes (5).
Cette communauté de valeurs parait avoir été mieux sauvegardée au niveau européen, a tout le moins, par le rôle des juridictions Cour Européenne des droits de l’homme et Cour de justice des communautés européennes.
La montée en puissance de la reconnaissance des victimes
Dans cette communauté de valeurs, la personne de la victime a pris une place grandissante. L’acte terroriste qui trouvait jusque dans les années 1970-80, bien des gens pour l’excuser ou le légitimer est devenu d’autant plus insupportable qu’il visait des civils définis des lors comme des victimes par excellence (6).
Le discours public en France, et sans doute dans bien des pays, est particulièrement sensible a la prise en compte des victimes. C’est, au reste, un des progrès récent de nos sociétés démocratiques.
Brève, et non exhaustive, analyse de la situation Française Continue reading “Terrorisme : La France n’est pas seule concernée mais la France doit aussi se sentir en cause ..”